Le âtre… (2)…

Le théâtre,
celui qui me réchauffe
des pieds à l’âme
le âtre
qu’est mon théâtre à moi

Il s’agit ici de prises de parole de différents personnages fictifs ou de personnes réelles


Elle mauvaise vieille, femme bossue et crochue, elle capable de décrocher mon Étoile du Berger, leste à m’infecter, agile à insulter les voisins afin qu’ils m’accueillent à coups de pied, à volées de bâton, elle me décousant les idées, me découpant les espoirs, me faisant croche-pied au moindre de mes élans jusqu’à ce que les projecteurs s’allument et…


Et tous les ans, tous les ans, tous les ans
la nudité des arbres qui me fait greloter les pensées,
me fait flancher les élans, me tremble les désirs,
tous les ans, tous les ans, tous les ans le nu des arbres,
le rien des idées et des désirs et des faits et gestes
qui me met dans l’incertain, me pousse dans les abstractions,
me met dans les coins du monde, dans un coin de moi,
coin, petit coin de moi, coin de rien du tout,
coin rien que coin de si peu de lumière et de vie,
coin, que coin tous les ans, tous les ans, tous les ans,
et puis le rideau se lève et…


J’ai toujours marché au charbon, c’est lent, le charbon, ça pue le charbon, ça fait des jours de la semaine plutôt mous, ça fait des samedis et dimanches plutôt dans le gris, ça fait de tous les jours du pas trop possible de se sortir de la lenteur et de la torpeur, et puis voilà que d’un coup un seul le rideau rouge s’entrebâille puis s’ouvre en grand et…


C’est d’amures argentées dont j’ai toujours rêvé,
de chevaux en armure et en pics aussi,
ce dont j’ai aussi sans cesse rêvé
ce sont de grandes étendues autant hostiles que débiles
et qui devenaient amies à la force de la beauté de mes armes,
à la force de la grandeur de mes cris barbares,
et les difformes et les idiots et les monstres devenaient alors
des perfections, de colossaux habiles, et tout ce monde dès lors
ne franchissait plus de frontières qui n’existaient plus
jusqu’au soir où trois coups de théâtre
résonnèrent et vibrèrent et…


Et avec eux je traversais des terres pauvres, des jours et des mois ainsi nous avons traversé des terres pauvres, nous perdions les mors en route, puis un jours avec eux, moins les morts, nous avons atteint des terres alluvionnaires, des terres pas chiches, des terres riches pour les plantes et les animaux qui vont avec les plantes et pour les soleils qui vont avec les animaux amicaux et les plantes généreuses et clémentes et indulgentes, et c’est là que nous nous sommes arrêtés, et c’est là que de nouveaux petits vivants sont venus remplacer les morts, et c’est là que nous, et que tous nous avons, et qu’ensemble nous nous sommes, puis le rideau, le grand rouge rideau s’est ouvert et…

lire le âtreprécédent
Cette entrée a été publiée dans Rémi. Bookmarquez ce permalien.

Une réflexion sur “Le âtre… (2)…

  1. Pingback: Le âtre… (3)… | les arts mitoyens

C'est à vous !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s