La fontaine

le soleil continue
à faire le ciel
ou la pluie selon
tandis que la fontaine
ne cesse de continuer
à faire les oiseaux
et les feuilles selon

 cependant que parfois
la fontaine est parfois
le miroir de quelques-uns
de quelques-uns
séparément
ou amoureusement

 certain
parfois s’y penchent
s’y mirent
s’y lavent les yeux
au moins cela éloigne un peu la fatigue
de la lasse et basse tête
du jour passé


LE FILM


 à lire… Le drapeau

Le drapeau

L’herbe n’est pas aveugle aux autres herbes
le roc n’est nullement sourd muet aux autres rocs
l’eau n’est aucunement insensible à l’eau

 nous le voyons
nous le savons

 y-a-t-il là leçon à retenir
afin de tenir une chose nouvelle ?

ce non aveuglement, cette surdité nulle
ce zéro mutisme et insensibilité
peuvent-ils mettre un coup de vent
en notre esprit ?

 coup de vent
tel coup de frein ?

coup de frein
comme vitesse supplémentaire
afin de savoir au mieux ?

sans doute

ce que ne sait
ce que ne sent
le drapeau
qui va, va
fait aller sont drap
dans l’air national
drap tel un bras levé
qui dit
ici c’est chez moi


LE FILM


 à lire… La fontaine

La rue

très très peu de sons sont matin
(sont des sons justes)
juste ceux des oiseaux
qui sont les vifs chevaux
par qui la nuit s’en va

puis plus de sons
durant le long du jour
plus
juste un accroissement de sons
juste des croisements de sons

ça ne se touche pas
tout ça
ça ne touche pas
tout ça
ça passe

aujourd’hui encore
la lampe du monde
a tourné
sans qu’aucun oiseau
ne soit entendu

puis reviendra l’heure
où les oiseaux
qui sont aussi les chevaux
par qui la nuit s’en vient
amèneront le soir


LE FILM


à lire… Le drapeau

Les platanes

les arbres
sont des livres
bien plus sophistiqués
que les livres

eux seuls
lorsqu’ils s’ouvrent
laissent s’échapper
les oiseaux
en nuées
qui s’en vont
en buée
qui s’en va
en diminuant
s’évaporant

les oiseaux
sont des livres
bien plus sophistiqués
que les livres

eux seuls
lorsqu’ils écrivent
écrivent au ciel
des poèmes
que chacun
peut s’inventer


LE FILM


à lire… la rue

La glycine

va la glycine
va
monte la glycine
monte
s’éloigne
s’approche

quelles sont les ronces d’enfance
quels sont les cailloux de nos errances
qui ainsi font saigner le paysage
comme nous font saigner à tout âge ?

pas la glycine
pas la glycine

qui va vers la lumière
vers la lumière va

que voit-elle alors
dès lors que la lumière
est tout à fait là ?

quoi d’autre que la lumière du ciel
qui éclaire et alimente la lumière de la glycine
tandis que la lumière de la glycine
éclaire et alimente la lumière du ciel


LE FILM


à lire… les platanes